La victime est une personne âgée?

Violence conjugale

Il peut être difficile de déceler la violence conjugale à l’intérieur d’un couple de personnes âgées. En effet, l’entourage peut associer les comportements du conjoint à toutes sortes de difficultés liées au vieillissement (la femme est en perte d’autonomie physique, par exemple).

 De plus, ces femmes sont souvent gênées de parler de violence, car elles peuvent accorder de l’importance à l’institution du mariage, à la loyauté envers le conjoint, à l’unité familiale ainsi qu’à la religion. Toutes ces raisons font en sorte que ces femmes dévoilent plus difficilement une situation de violence conjugale.

Les comportements et attitudes du conjoint sont sensiblement les mêmes qu’il soit âgé ou non. Il peut, par exemple :

  • répondre à la place de sa conjointe;
  • chercher à contrôler ses activités, ses sorties, ses conversations téléphoniques;
  • chercher à l’isoler de ses amies, de ses frères et sœurs, etc.;
  • être sur la défensive si on lui pose des questions;
  • trouver toujours des excuses aux situations qui peuvent inquiéter l’entourage;
  • se montrer incompréhensif, insensible aux pertes ou à la maladie de sa conjointe;
  • infantiliser sa conjointe et même la dénigrer auprès de leurs enfants ou amis.

Le conjoint peut parfois aller jusqu’à :

  • refuser que sa conjointe soit évaluée ou rencontrée seule;
  • refuser l’aide offerte : répit, aide familiale, etc.;
  • refuser les soins ou services essentiels pour sa conjointe : médecin, CSSS, etc.

La violence conjugale a également des effets similaires sur la femme qu’elle soit âgée ou non :

  • elle croit qu’elle ne peut fonctionner par elle-même;
  • elle perd confiance en elle, en son jugement, en ses capacités;
  • elle éprouve un sentiment de culpabilité par rapport à la violence vécue;
  • elle ressent des problèmes d’ordre physique et psychologique.

Voici quelques mythes concernant la violence conjugale à l’intérieur d’un couple âgé :

  • La violence conjugale n’existe pas chez les couples âgés.
  • Avec l’âge, la violence diminue, car les personnes n’ont plus la même force physique ou cognitive pour se battre.
  • Les personnes âgées n’ont plus de sexualité. La femme est donc protégée contre les agressions sexuelles.

La violence reste de la violence, peu importe le contexte dans lequel elle est vécue. Lorsqu’on pense qu’une femme vit peut-être de la violence conjugale, il est très important de respecter ses valeurs, ses limites, ses convictions et son rythme. Cela vous aidera également à créer un lien avec elle et l'encouragera à parler de sa situation.

Abus et maltraitance

En plus de la violence conjugale, les personnes âgées, hommes et femmes, peuvent subir de l’abus ou de la maltraitance de la part de leurs enfants, de professionnels, de tuteurs, etc. Tout comme dans la violence conjugale, les personnes âgées victimes d’abus ou de maltraitance ont souvent peur de parler de leur situation, car elles peuvent être victimes de menaces ou de chantage et craignent des représailles. Leur silence est aussi parfois dû à l’ignorance, ne connaissant pas les ressources qui peuvent les aider. Elles peuvent également se sentir confuses, croire pouvoir régler leurs problèmes ou se sentir très dépendantes, etc. Il est donc très important que l’entourage agisse et ne garde pas le silence sur la situation.

Voici quelques pistes pour vous aider à aider une personne âgée aux prises avec des problèmes de violence ou d’abus :

  • Vérifiez avec la personne, seul à seul, ce qu’elle pense de sa situation.
  • Communiquez souvent avec la victime et visitez-la régulièrement jusqu’à ce que la situation soit réglée.
  • Ne la jugez pas et respectez son rythme.
  • Encouragez-la afin d'augmenter sa confiance en elle et réconfortez-la dans ses moments de peine.
  • Soyez alerte aux signes de dépression, car même une personne âgée peut songer au suicide.

En cas de doute ou si vous vous sentez impuissant, n’hésitez pas à contacter des professionnels du centre de santé et des services sociaux (CSSS) de votre localité ou du centre d'aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) le plus proche.

Pour toute information particulière qui concerne les milieux de vie ou les services aux personnes âgées, vous pouvez aussi vous adresser à l’agence de la santé et des services sociaux de votre région ou au ministère de la Famille et des Aînés.

Plan du site Plan du site