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2014-06-25, Trois-Rivières
Chronique #6

Chroniques #6
Bonjour à vous chers lecteurs et lectrices... Le sujet d’aujourd’hui : Être une femme victime de violence au Bénin.

 Je m’appelle Élise (le nom à été changé). Je suis une jeune femme de 26 ans. J’ai une petite fille de 2 ans et demi et un petit bébé de 2 mois. Je suis la deuxième femme de mon conjoint et nous ne sommes pas mariés. La polygamie n’est plus permise au Bénin depuis 2005, mais cela n’empêche pas la plupart des hommes d’avoir plusieurs femmes. La seconde femme de mon conjoint reste dans un autre pays, le Nigéria. Je ne l’ai jamais rencontrée mais cela n’est pas le cas de toutes mes amies qui habitent parfois avec la seconde femme de leur mari.  Parfois, tu deviens presque l’esclave de la première femme : Tu t’occupes de ses enfants, tu prépares la nourriture pour toute la famille, tu fais la lessive, etc.

 Étant donné que je suis la seconde et non la première, je n’ai aucun droit. Si je décide de quitter mon mari, il partira avec les enfants et il les apportera au Nigéria. J’ai très peur et ma vie est vraiment difficile. Mon mari ne me donne plus d’argent depuis la naissance de la petite dernière. Si j’avais des garçons peut-être qu’il me donnerait de l’argent. Il a pourtant une grosse jeep 4x4 mais il dit qu’il fait moins d’argent. J’essaye de faire mon propre petit commerce mais le temps me manque, les enfants sont souvent malades.
Lorsqu’il rentre nous voir, c’est seulement pour le sexe. Il ne connaît même pas le nom du plus jeune. Il n’a pas vu les enfants venir au monde. Il ne les prend jamais dans ses bras.

 Une blanche m’a dit que c’était de la violence que je vivais. Pourtant il ne m’a jamais frappé. Il crie fort mais c’est juste pour que je l’écoute.

 J’aimerais refaire ma vie. J’aimerais me marier. J’aimerais que mes enfants connaissent leur père ou un père.
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Cette femme est loin d’être un cas isolé. Pourtant, elle est bien victime de violence. Depuis quelques années, il existe des organismes pour aider les femmes dans leur droit d’être mère. Par contre, la plupart des femmes ne connaissent pas ces organismes. La télévision et la radio ne se retrouvent pas dans toutes les maisons. C’est également un sujet tabou, donc peu de personnes en parlent et référent les femmes vers ces endroits. 

Quand je pense à la situation des femmes au Québec, nous pouvons remercier toutes les femmes du Québec qui se sont battues pour faire reconnaître leurs droits de mère, leurs droits de femme mariée, leurs droits de conjoint de fait, la valeur des documents légaux. Il y a encore du chemin à faire mais nous sommes sur la bonne voie.

 

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